Fév 05

La nouvelle coalition s’inquiète de la présence des « wakeboats » sur les voies navigables publiques

Wake boat image

Ce n’est plus le petit bateau de votre grand‑père : les puissants « wakeboats » génèrent des vagues puissantes et provoquent la colère des riverains.

D’un bout à l’autre du Canada, beaucoup petites communautés font face à de nombreux défis en tentant d’établir des règlements pour la protection des milieux aquatiques navigables. Mais il faut savoir que la règlementation des eaux sont de compétence fédérale, particulièrement en ce qui concerne la Loi sur la marine marchande du Canada.

Non seulement ces communautés ne sont pas en mesure de s’attaquer au problème de l’augmentation du nombre d’embarcations motorisées sur les voies navigables, mais elles ne peuvent absolument rien faire contre la prolifération des bateaux de types « hummer », ou « wakeboats », équipés de moteurs d’une puissance allant de 330 à 550 chevaux-vapeur (HP). Les vagues fortes et destructrices générées par ces bateaux causent l’érosion des berges, endommagent les quais et rendent la navigation d’embarcations non-motorisées désagréable, voire impossible et dérangent grandement la quiétude des riverains.

Les lois n’aident en rien

Malheureusement, la Loi sur la marine marchande du Canada est un outil inutile pour répondre aux défis mentionnés plus haut puisque cette Loi, qui a été promulguée dans les premières années de constitution du Canada, n’a pas été élaborée pour protéger l’environnement. En fait, le but premier de cette Loi était de protéger les droits des navigateurs des entraves à la navigation.

Mais la partie la plus nuisible de cette Loi est qu’il est extrêmement difficile pour des élus locaux d’obtenir une approbation fédérale  quant à la proposition d’une nouvelle réglementation – on parle de cinq ans à partir du moment où la demande est déposée  jusqu’à son approbation – et il est clair comme de l’eau de roche dans les directives de la Loi que le gouvernement fédéral envisage plutôt des solutions non réglementées, et uniquement par le biais d’un code de conduite volontaire.

Ces façons de faire sont une source de conflits sans fin au sein des collectivités, puisque celles‑ci doivent obtenir près de 100 % d’adhésion volontaire pour un code de conduite proposé. De plus, les études et les référendums ne sont pas perçus par Transport Canada comme une façon pour ces collectivités de formuler une proposition pour la mise en place d’une nouvelle réglementation.

C’est pourquoi la majorité des collectivités sont incapables d’obtenir une approbation fédérale pour un nouveau règlement.

C’est dans ce contexte législatif que la question de la prolifération des « wakeboats » sur les voies navigables du Canada a contribué, en raison de conflits insolubles, à un dialogue de sourds entre les différentes collectivités.

 

Une nouvelle génération de bateaux

Les « wakeboats »  n’ont rien à voir avec les bateaux conventionnels. La combinaison 1) de la force des chevaux-vapeur semblable à celle générée par  les semi remorques Volvo avec 2) des ballasts remplis d’eau pour créer du poids (variant de 1500 à 2000 livres) afin d’obtenir un plus grand tirant d’eau , produit des vagues hautes et puissantes, même à basses vitesses.

Et comme si ce n’était pas assez, la turbidité causée par les « wakeboats » brasse les sédiments se trouvant sous la coque. Mentionnons également que la consommation d’essence extrêmement élevée nécessaire à ces manoeuvres est tout simplement irréelle. Aussi bien abandonner la lutte aux changements climatiques !

Dans le cas de plusieurs autres étendues d’eau, la profondeur et la taille plan d’eau détermineront la faible tolérance environnementale pour n’importe quel type d’embarcation puissante. En Colombie‑Britannique, sur la rivière Shuswap, les enjeux environnementaux concernent les bateaux à propulsion hydraulique qui naviguent dans les habitats de frai écosensibles.  Ces bateaux à propulsion hydraulique peuvent naviguer à contre-courant à des vitesses élevées et dans des eaux très peu profondes.

C’est pour répondre aux défis environnementaux croissants liés à la problématique des bateaux que la Coalition pour une navigation responsable et durable a été officiellement mise sur pied le 1er septembre 2013 dans une petite municipalité du Québec, Saint‑Faustin‑Lac-Carré.

La Coalition Navigation demande des changements à la législation

La Coalition Navigation désire que des modifications soient apportées aux deux textes législatifs, la Loi sur les pêches et la Loi sur la marine marchande du Canada.

La Loi sur les pêches est un outil conçu pour protéger les milieux biologiques marins et ne peut pas être utilisée pour réglementer les embarcations motorisées.

Par conséquent, les objectifs de la Coalition Navigation visent la modification du cadre législatif fédéral afin de pouvoir définir les paramètres encadrant les activités des embarcations motorisées — en se basant sur  des données scientifiques plutôt que sur des débats communs insolubles — relativement aux conséquences sur l’environnement marin et aux décisions des différentes collectivités.

Des critères environnementaux précis à l’échelle nationale et provinciale seraient la base d’un nouveau cadre législatif et le concept du code de conduite volontaire serait aboli. Il faut maintenant se mobiliser pour faire front commun d’un bout à l’autre du pays afin de présenter collectivement des propositions législatives novatrices en 2015.

Quant à la raison d’être de l’approche interrégionale et interprovinciale, il va de soi qu’une petite collectivité, agissant seule, ne peut espérer avoir assez d’influence pour demander d’importantes modifications législatives. Mais une coalition pancanadienne, trop importante pour être ignorée, proposant une  approche globale non partisane visant à couvrir toutes les caractéristiques et les conditions s’appliquant aux voies navigables, offre une solution plus efficace afin d’engager un dialogue avec le gouvernement du Canada.